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Dimanche 24 août 7 24 /08 /Août 13:35
 

 


Je dis souvent que j'aime prendre le temps de construire les choses...Et que plus peut-être qu'aimer prendre le temps, j'en ai besoin...Les personnes que je côtoie au quotidien, les membres de ma famille, mes amis aussi disent que je suis patiente...Et puis, là où certains se donnent le temps, d'autres ne supportent pas d'attendre...J'ai eu alors envie de mieux comprendre ces différents temps, ces rythmes, ce temps de moi, le temps des autres... Et ces temps qui se croisent... qui se vivent ensemble...

De la patience...
Ou du temps qui se vit au pluriel...dans le singulier temps de chacun.

L''homme se réalise au prix de l'effort et de l'attente, de l'apprentissage et des marches qu'il doit gravir une à une, des répétitions, des échecs , des renoncements, et de ces mouvements de joie et cette volonté aussi de vouloir poursuivre sa course... pour aller plus loin. Voilà l'existence humaine faite d' instants et de moments vécus dans le présent...que l'homme accueille, sans regrets ni nostalgie, sans espoirs ni anxiété. L'existence est aussi ce qui permet de se projeter dans le futur et d'espérer... ce qui autorise à construire...Et pour ce faire, il est question de temps et de patience...La patience enseigne à chaque homme à vivre l'inachevé, ce qui n'est pas encore... non comme ce qu'il faut fuir à tout prix, mais comme ce qu'il faut à la fois aimer, sous peine de ne pas vivre, et apprendre à dépasser. Autant ce temps au présent est relativement bien vécu par l'homme, autant ce temps de l'attente d'un lendemain qui portera plus loin ses limites, lui est souvent insupportable. N'est-ce pas parce que la patience nécessite pour l'homme d'accepter un rythme du temps souvent laborieux et sans triomphe, loin de tout contact direct, immédiat, avec l'absolu ?.. Qui peut savoir en effet de quoi demain sera fait ? La patience est difficile même à ceux chez qui elle est espoir de promesse à venir. Et si ceux dont le cœur vibre d'une promesse, tremblent souvent d'impatience et ne savent pas attendre, que penser de ceux, à qui patience est demandée mais sans promesse ?  Que peut bien être alors la patience ? La plupart des hommes ne le savent pas, et c'est sans doute pourquoi ils la refusent en préférant l'immédiateté. La patience pourrait prendre la forme de l'idéologie qui se substitue à la patience de la pensée qui, lentement; dit le sens sans jamais prétendre le posséder, ou encore celle du culte de la vitesse et des divertissements faciles qui privent finalement les hommes de leur intelligence et les conduisent vers les pires déviances ou les pires violences. Mais la patience, même privée de promesse, n'est pas vouée à la désespérance, dès lors qu'un homme en attend un autre, dès lors qu'il espère en lui, dès lors qu'il attend de lui. Et  n'est-ce pas là la patience qui dit l'amour ? L'amour de l'homme pour un autre homme. Et n'est- ce pas ce qui donne la force d'avancer, quand bien même le monde semble sombrer dans le désarroi ou l'incertitude ?
Néanmoins, la patience a aussi ses limites. Elle peut devenir destructrice lorsqu'elle ne permet pas à l'homme de se construire, lorsqu'elle dicte sa loi, lorsqu'elle soumet l' homme aux tyrannies d'autorité, aux barbaries.. Cette patience-là ne permet pas à chacun de vivre à son rythme ; elle brise au contraire la vie de l'homme en l'acculant à lui faire accepter des formes dégradantes d'existence. Si la patience est vertu, elle est celle qui donne au temps sa chance pour que les hommes et les choses murissent, grandissent. Elle n'est pas renoncement à agir mais consentement à laisser être. Elle est une attention aux frissons de la vie. Elle sait que les premières pousses ne viendront pas si l'impatience tente d'en accélérer la venue. La patience n'est-elle pas, comme le dit Helias, cette belle et immuable lenteur du temps qui, seule, donne son véritable prix aux choses ? Toute naissance n'est-elle pas précédée, toujours, d'une attente ?
Pourtant, il semble que l'homme devient de plus en plus rebelle à cette attente, de plus en plus étranger au temps qui passe ? Qu'il tente d'imposer son rythme, pour tirer le maximum de profit de ce qui l'entoure, pour son propre intérêt. Il semble qu'il devient obsédé par le temps qui passe et qu'il oublie la nécessaire patience face aux choses de la nature et de la vie. Et, bien qu'enclins à une forme de nostalgie devant ce qui finit, nous savons aussi éprouver de l'émerveillement devant ce qui revit à chaque nouveau printemps.
Or, si l'homme perd ce temps de la patience, c'est qu'il ne sait plus vivre au temps de l'autre. Parce que le temps se vit au pluriel, dans le singulier temps de chacun.
La patience est cette vertu qui ne réduit pas autoritairement le temps d'autrui à une norme commune, qui est celle des intérêts égoïstes et seulement ceux-là. Seule la patience en son sens éthique est un bien précieux sur lequel il faut veiller. L'impatience ne peut pas veiller parce qu'elle anticipe sur la fin et s'y précipite sans regarder autour d'elle.
Ceux qui sont capables de veiller, perçoivent l'aurore parce qu'ils savent qu'ils ne sont pas seuls et s'en réjouissent. Veillons ensemble.

Par marie - Publié dans : marie intime
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